Léon le dindon
Yeruldelgger, c'est pourtant pas si compliqué à retenir ni à orthographier.Longue histoire courte, il s'agit du patronyme du héros de deux (et j'espère davantage) opus de Patrice Manouikan, publiés sous son pseudo Ian Manook. Le premier s'intitule, sobrement, Yeruldelgger, et sa suite Les temps sauvages.
Le premier volume est sorti en 2013, il a reçu dans la foulée le prix du polar SNCF (et je laisse les pros de la littérature qui errent sur ce site discuter ce point), le second en fin d'année dernière. Et c'est de la bonne, baybay, si si j'te jure.
Même que je vais essayer de vous expliquer pourquoi, en évitant autant que possible l'écueil du spoil, et en espérant vous donner le goût de dévorer ces deux pépites.
Déjà, en soi, des intrigues qui se déroulent en Mongolie, y'en a pas tant que ça, tout du moins à ma connaissance. Au fur et à mesure des pages, les images mentales se créent. J'ai galopé à bride abattue sur des poneys un peu rétifs, j'ai vu les collines succéder aux collines, les prairies ondoyaient en déclinant des palettes de verts infinis avant de se couvrir de givre puis de végéter sous des couches de neige, à peine marquées des traces ténues des rares habitants de ces steppes désertes.
Ensuite, mon carnet à jolis mots s'est enrichi de termes à consonance exotique, comme par exemple dzud ou encore khuushuur.
Et puis la description de la société mongole, d'une certaine forme de désappointement liée au conflit traditions opposées à la modernité si rapide, le regret - d'une certaine manière - de la toute puissance de l'empire mongol avec le culte de Gengis Khan (et les dérives qui vont avec - So 2013). J'ai vérifié chacun des rituels, et fichtre, c'est vrai. Un polar avec de vrais bouts de sociologie / histoire des civilisations dedans, c'est B.O.N. On s'éloigne tant des univers de [insérer ici le nom d'un auteur, voire de plusieurs, dont les univers se délitent au fur et à mesure que leur consommation de substances psychotropes va croissant], ça rend l'ensemble encore meilleur.
Pour celles et ceux qui s'étaient déjà infligé la lecture de mes chroniques de bouquins, notamment mon incursion dans le monde merveilleux du polar nordique, j'ai bien envie de vous écrire que j'ai découvert une sorte d'équivalent de Harry Hole, dans la mesure où j'ai trouvé un nouveau héros tout cassé de partout, blindé d'aspérités et de fragilités, un nouveau bonhomme attachant dont je n'ai qu'une hâte, lire la suite de ses (més)aventures.
Et, cerise sur le gâteau, l'intrigue policière est bien construite. On se laisse prendre par les méandres de l'enquête, on se réveille un matin en se disant Mais siiii, c'est elle, j'en suis sûre, et puis en fait, non, le soufflet retombe - mais pas l'envie d'en savoir davantage. L'intrigue est menée et tenue de main de maître du début à la fin, les moments d'hésitation sont rares et agréablement remplis (mais pas trop, en terme de remplissage). Et un polar, qui de prime abord n'en est pas un, enfin si un peu, mais qui fait voyager l'esprit, j'appelle ça une sorte de réussite.
Ma jolie découverte rubrique polars inclassables de l'année 2015. Promis, un jour, je brèverai les autres, et les années précédentes aussi.
En attendant, je persiste à vous recommander Jo Nesbø, Cilla et Rolf Börjlind, Arnaldur Indriðason, Peter May, Henning Mankell, , Lars Kepler, Åke Edwardson, Nele Neuhaus, Monica Kristensen, Gunnar Staalesen, et plein d'autres dont j'omets involontairement le nom ici.
PS. A céder contre bons soins, stock de parenthèses garanti à vie, pour m'empêcher d'en mettre un peu trop, partout, tout le temps.
Il y a 10 ans
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Et moi, je valide grave. J'ai suivi la recommandation de lecture faite dans le minichat il y a une paire de mois pour ce bouquin, je ne le regrette pas et j'ai encore aussi dans la tête des chouettes images de gens dans des yourtes au bord de prairies toutes vertes.
Putain un grand merci, des années de cadeaux garantis pour la daronne !
Ah ben je vais commenter ici tiens. j'avoue que j'ai pas aimé (mais genre pas du tout) le seul Harry Hole que j'ai lu (la chauve-souris), mais comme la fois d'avant où je t'avais écouté ça avait été très bien, je vais tenter ça.
J'ai lu "Yeruldelgger", et franchement j'avais pas trop accroché. L'atmosphère est originale certes, les noms amusants et la société mongole décrite parfois déroutante. Mais au final, ça ressemble trop à du Dirty Harry (voire "Arme Fatale") au pays des Yourtes...
Bon, j'ai bien commencé le premier tome là, et ce que o0o a oublié de mentionner, c'est qu'au niveau du ton c'est très vif, avec plein de petits chapitres qui s'imbriquent les uns dans les autres,pas tout lent et contemplatif pour deux ronds et saycool (ce serait pas un drame hein, juste que ça l'est pas, stout), et que même des fois c'est drôle.