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sept. 2015
sept. 2015
C'est peut être déjà passé dans le coin, mais sait on jamais, le dernier projet en date de la Crew des Haterz (haterz.fr/ ).
Ces jeunes gens funky fresh ont décidé de revenir au truc le plus old school des internets, la news letter. Ne cherchez pas de site, il n'y en a pas (pour l'instant ?), leur compte twitter est bien peu actif, il existe seulement un mystérieux lien pour recevoir des mails, un par jour, au contenu totalement aléatoire en fonction des goûts du gars qui le rédige (d'ailleurs il passent par MCSV, y a un commercial de slipo dans le coin ?). Et dans quasiment tous les cas, c'est concis et passionnant, pas du tout monomaniaque hip hop/street culture (coucou www.clique.tv).
Pour vous donner une idée du contenu, je copie colle comme un sale les derniers contenus reçus, y a pas d'archives disponibles pour consultation à ma connaissance.
À l’initiative de la marque de whisky The Balvenie, le globetrotter culinaire Anthony Bourdain (souvenez-vous) sillonne les États-Unis à la rencontre d’artisans prodigieux, dans une websérie documentaire intitulée Raw Craft. Et quand ce touche-à-tout s'entretient avec des obsessionnels compulsifs, la discussion est passionnante.
Débutée en février, cette websérie met en lumière des artisans émérites inconnus du grand public. On écoute Frank Shattuck (boxeur et tailleur), Bob Kramer (le meilleur fabricant de couteaux de cuisine du monde) ou encore Steve Goodson (légendaire designer de saxophones) nous raconter comment ils sont arrivés au sommet de leur discipline, avec une passion communicative et une humilité remarquable.
Combien d’années d’expérience faut-il pour devenir un tailleur hors pair ? Quelle est la différence entre un bon saxophone et un très bon saxophone ? Comment fabriquer des poêles en utilisant un procédé traditionnel de coulée de métal, tout en respectant l’environnement ? Et surtout, pourquoi continuer à éditer des livres avec une technique datant du XIXème siècle ? Autant de questions dont les réponses vous redonneront foi en l’humanité — et le goût du travail bien fait.
Si le terme “fait-main” peut paraître complètement galvaudé aujourd’hui, il reprend ici tout son sens, et force est de constater que le chemin qui mène à la perfection est long et sinueux. Les années d’apprentissage acharné à répéter les mêmes gestes et à former ses mains et sa créativité restent l'unique solution pour développer un savoir-faire authentique. Alors oui, vous pouvez être fier de votre cousin qui entre en CAP chaudronnerie.
Loin d'une opération marketing grossière, avec cette collaboration, The Balvenie et Anthony Bourdain rendent leurs lettres de noblesse à des artisans qui le méritent. Pour du contenu sponsorisé, franchement, chapeau. On attend avec impatience que le Pastis Ricard envoie Cyril Lignac à la rencontre des meilleurs plombiers de France.
www.youtube.com/watch&list=PLdg0QhLNc29XuXmmv5Vu__bfNUeZI76ve
Pozla, dessinateur talentueux derrière Les Lascars, revient sur le diagnostic tardif de sa maladie et sur la convalescence difficile qui s'en est suivie dans un ouvrage défouloir, entre bande dessinée, journal de bord et bouquin de croquis.
"J'ai toujours eu mal au bide, mais on me disait, c'est dans ta tête mon petit".
Remi Zaarour dit Pozla (aussi co-auteur de l’excellent Monkey Bizness) a appris très jeune à vivre avec la douleur, à l’ignorer. En 2011, après des années d’accomodation, d’incompréhension et de diagnostics erronés, le verdict finit par tomber : il est en fait atteint de la maladie de Crohn, maladie infectieuse chronique qui atteint les intestins, malheureusement incurable.
Hospitalisé en urgence dans un centre spécialisé, Pozla va lutter de la manière qu’il connait le mieux : par le dessin. Le carnet de croquis qu’il remplira sur son lit d’hôpital deviendra donc Carnet de santé foireuse, que Delcourt a fort heureusement choisi d’éditer.
De ce qu'on a pu en lire, le livre semble se situer quelque part entre Pilules bleues de Frederik Peeters et Le combat ordinaire de Manu Larcenet, oscillant gracieusement entre bande-dessinée introspective, roman graphique, et vulgarisation médicale. Une oeuvre hybride et innovante donc, qui réussi le tour de force de mettre en images non seulement la maladie, mais aussi les maux et les angoisses qui l’accompagnent.
Peur de la mort, attente, mensonge aux proches… Pozla dresse un portrait complet de sa convalescence, avec un trait particulièrement habile : car il faut bien le dire, c’est un excellent illustrateur, et ceci a tout l'air d'être son oeuvre la plus aboutie.
Drôle, sensible et franchement émouvant, Carnet de santé foireuse a le potentiel pour transcender son médium et conquérir le grand public. Et si nous n’avons pas toujours réussi à vous convaincre, Delcourt a gentiment mis à disposition les 70 premières pages du livre. Nous, on parie dessus pour le prochain festival de la bande dessinée d'Angoulême. Vous aurez été prévenus.
www.editions-de[...]e-foireuse.html
L’un des plus titanesques chantiers jamais entrepris par l’homme a débuté en 2004, en Finlande. Il devrait prendre fin en 2100. Mais à l’inverse des Pyramides et de la muraille de Chine, sa destinée l'entraînera idéalement vers l’oubli éternel.
Ce chantier vise à enfouir à 500 mètres de profondeur, dans des soubassements rocheux âgés de 1,4 milliards d’années, un bon paquet de déchets nucléaires. Et par “un bon paquet”, comprenez quelques centaines de milliers de tonnes. Toutes les autres possibilités envisagées pour s’en débarrasser ont été écartées. Les envoyer dans l’espace ou les couler dans les abysses marins ? Bien trop risqué. Une fusée pourrait exploser en plein ciel, et les océans pourraient être infectés. Dans un cas comme dans l’autre, c’est l’apocalypse.
La solution qui a été considérée la plus sûre et pérenne ? La création du complexe Onkalo (“cachette” en finnois), cinq kilomètres de tunnels creusés en dynamitant la roche, cheminant vers une gigantesque infrastructure de stockage. Et à l’issue de la manœuvre, un scellement total.
Le documentaire Into Eternity de Michael Madsen (pas lui, un homonyme) aborde toutes les questions liées à cette entreprise humaine. Des questions posées avant tout aux générations futures, dans des échelles de temps qui dépassent l’entendement.
Il faudra 100 000 ans à ces déchets pour perdre leurs facultés à exploser notre ADN. Le documentaire nous rappelle que, 100 000 ans dans le passé, nos ancêtres n’étaient pas encore sapiens, mais néandertaliens. Quid de l’homme du futur ? Sera-t-il infiniment plus avancé ? Ou précipité dans la régression ? Faut-il laisser un marqueur pour l’avertir de ce legs honteux et mortel piégé dans le sol ? Ou, au contraire, condamner l’accès et ne laisser aucune trace ?
De nombreux scénarios sont envisagés par les intervenants du chantier. Le documentaire leur laisse la parole, sur des images contemplatives, qui tiennent parfois de l’odyssée de Kubrick, parfois de la mélancolie de Lars Von Trier. Avec Into Eternity, Madsen esquisse aussi le parallèle mythologique de cette histoire : celle d'hommes qui ont décidé de construire une chambre mortuaire dans les entrailles de la Terre, afin d’y placer un feu extraordinaire. Un feu qu’ils ont créé, maîtrisé, avant de s’apercevoir que derrière sa lumière éclatante planait la destruction. Prométhée, Prométhée...
youtu.be/Kl-su2P6mVM
Ces jeunes gens funky fresh ont décidé de revenir au truc le plus old school des internets, la news letter. Ne cherchez pas de site, il n'y en a pas (pour l'instant ?), leur compte twitter est bien peu actif, il existe seulement un mystérieux lien pour recevoir des mails, un par jour, au contenu totalement aléatoire en fonction des goûts du gars qui le rédige (d'ailleurs il passent par MCSV, y a un commercial de slipo dans le coin ?). Et dans quasiment tous les cas, c'est concis et passionnant, pas du tout monomaniaque hip hop/street culture (coucou www.clique.tv).
Pour vous donner une idée du contenu, je copie colle comme un sale les derniers contenus reçus, y a pas d'archives disponibles pour consultation à ma connaissance.
Compagnonnage made in USA
À l’initiative de la marque de whisky The Balvenie, le globetrotter culinaire Anthony Bourdain (souvenez-vous) sillonne les États-Unis à la rencontre d’artisans prodigieux, dans une websérie documentaire intitulée Raw Craft. Et quand ce touche-à-tout s'entretient avec des obsessionnels compulsifs, la discussion est passionnante.
Débutée en février, cette websérie met en lumière des artisans émérites inconnus du grand public. On écoute Frank Shattuck (boxeur et tailleur), Bob Kramer (le meilleur fabricant de couteaux de cuisine du monde) ou encore Steve Goodson (légendaire designer de saxophones) nous raconter comment ils sont arrivés au sommet de leur discipline, avec une passion communicative et une humilité remarquable.
Combien d’années d’expérience faut-il pour devenir un tailleur hors pair ? Quelle est la différence entre un bon saxophone et un très bon saxophone ? Comment fabriquer des poêles en utilisant un procédé traditionnel de coulée de métal, tout en respectant l’environnement ? Et surtout, pourquoi continuer à éditer des livres avec une technique datant du XIXème siècle ? Autant de questions dont les réponses vous redonneront foi en l’humanité — et le goût du travail bien fait.
Si le terme “fait-main” peut paraître complètement galvaudé aujourd’hui, il reprend ici tout son sens, et force est de constater que le chemin qui mène à la perfection est long et sinueux. Les années d’apprentissage acharné à répéter les mêmes gestes et à former ses mains et sa créativité restent l'unique solution pour développer un savoir-faire authentique. Alors oui, vous pouvez être fier de votre cousin qui entre en CAP chaudronnerie.
Loin d'une opération marketing grossière, avec cette collaboration, The Balvenie et Anthony Bourdain rendent leurs lettres de noblesse à des artisans qui le méritent. Pour du contenu sponsorisé, franchement, chapeau. On attend avec impatience que le Pastis Ricard envoie Cyril Lignac à la rencontre des meilleurs plombiers de France.
www.youtube.com/watch&list=PLdg0QhLNc29XuXmmv5Vu__bfNUeZI76ve
Carnet de santé foireuse
Pozla, dessinateur talentueux derrière Les Lascars, revient sur le diagnostic tardif de sa maladie et sur la convalescence difficile qui s'en est suivie dans un ouvrage défouloir, entre bande dessinée, journal de bord et bouquin de croquis.
"J'ai toujours eu mal au bide, mais on me disait, c'est dans ta tête mon petit".
Remi Zaarour dit Pozla (aussi co-auteur de l’excellent Monkey Bizness) a appris très jeune à vivre avec la douleur, à l’ignorer. En 2011, après des années d’accomodation, d’incompréhension et de diagnostics erronés, le verdict finit par tomber : il est en fait atteint de la maladie de Crohn, maladie infectieuse chronique qui atteint les intestins, malheureusement incurable.
Hospitalisé en urgence dans un centre spécialisé, Pozla va lutter de la manière qu’il connait le mieux : par le dessin. Le carnet de croquis qu’il remplira sur son lit d’hôpital deviendra donc Carnet de santé foireuse, que Delcourt a fort heureusement choisi d’éditer.
De ce qu'on a pu en lire, le livre semble se situer quelque part entre Pilules bleues de Frederik Peeters et Le combat ordinaire de Manu Larcenet, oscillant gracieusement entre bande-dessinée introspective, roman graphique, et vulgarisation médicale. Une oeuvre hybride et innovante donc, qui réussi le tour de force de mettre en images non seulement la maladie, mais aussi les maux et les angoisses qui l’accompagnent.
Peur de la mort, attente, mensonge aux proches… Pozla dresse un portrait complet de sa convalescence, avec un trait particulièrement habile : car il faut bien le dire, c’est un excellent illustrateur, et ceci a tout l'air d'être son oeuvre la plus aboutie.
Drôle, sensible et franchement émouvant, Carnet de santé foireuse a le potentiel pour transcender son médium et conquérir le grand public. Et si nous n’avons pas toujours réussi à vous convaincre, Delcourt a gentiment mis à disposition les 70 premières pages du livre. Nous, on parie dessus pour le prochain festival de la bande dessinée d'Angoulême. Vous aurez été prévenus.
www.editions-de[...]e-foireuse.html
Un grand sommeil noir
L’un des plus titanesques chantiers jamais entrepris par l’homme a débuté en 2004, en Finlande. Il devrait prendre fin en 2100. Mais à l’inverse des Pyramides et de la muraille de Chine, sa destinée l'entraînera idéalement vers l’oubli éternel.
Ce chantier vise à enfouir à 500 mètres de profondeur, dans des soubassements rocheux âgés de 1,4 milliards d’années, un bon paquet de déchets nucléaires. Et par “un bon paquet”, comprenez quelques centaines de milliers de tonnes. Toutes les autres possibilités envisagées pour s’en débarrasser ont été écartées. Les envoyer dans l’espace ou les couler dans les abysses marins ? Bien trop risqué. Une fusée pourrait exploser en plein ciel, et les océans pourraient être infectés. Dans un cas comme dans l’autre, c’est l’apocalypse.
La solution qui a été considérée la plus sûre et pérenne ? La création du complexe Onkalo (“cachette” en finnois), cinq kilomètres de tunnels creusés en dynamitant la roche, cheminant vers une gigantesque infrastructure de stockage. Et à l’issue de la manœuvre, un scellement total.
Le documentaire Into Eternity de Michael Madsen (pas lui, un homonyme) aborde toutes les questions liées à cette entreprise humaine. Des questions posées avant tout aux générations futures, dans des échelles de temps qui dépassent l’entendement.
Il faudra 100 000 ans à ces déchets pour perdre leurs facultés à exploser notre ADN. Le documentaire nous rappelle que, 100 000 ans dans le passé, nos ancêtres n’étaient pas encore sapiens, mais néandertaliens. Quid de l’homme du futur ? Sera-t-il infiniment plus avancé ? Ou précipité dans la régression ? Faut-il laisser un marqueur pour l’avertir de ce legs honteux et mortel piégé dans le sol ? Ou, au contraire, condamner l’accès et ne laisser aucune trace ?
De nombreux scénarios sont envisagés par les intervenants du chantier. Le documentaire leur laisse la parole, sur des images contemplatives, qui tiennent parfois de l’odyssée de Kubrick, parfois de la mélancolie de Lars Von Trier. Avec Into Eternity, Madsen esquisse aussi le parallèle mythologique de cette histoire : celle d'hommes qui ont décidé de construire une chambre mortuaire dans les entrailles de la Terre, afin d’y placer un feu extraordinaire. Un feu qu’ils ont créé, maîtrisé, avant de s’apercevoir que derrière sa lumière éclatante planait la destruction. Prométhée, Prométhée...
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Je suis inscrit depuis le début, c'est de la bonne balle : y'a rarement de baisse de régime en qualité.
Alors j'ai lu "carnet de santé foireuse" ce week end, et c'est très très bien, ça mériterait une brève si j'avais pas déjà mis leur descriptif ici, c'est étonnamment drôle compte tenu du sujet, le trait et la représentation de la maladie fonctionne à plein, (SPOIL) c'est plutôt optimiste et très très juste sur le sujet de la convalescence, lisez le.