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03
dc. 2015

Toi aussi, fais du lol avec ton cerveau.

Il y a 10 ans, 1347 mots

Par Léon le dindon
Ce matin à l'école on a bien rigolé et appris plein de trucs sur le monde merveilleux de la psychiatrie, du fonctionnement cognitif, et en gros, de comment notre cerveau est un peu une grosse boule de flemme qu'on peut troller à loisir. Dans les cas les plus sévères, ça devient de l'ordre de la maladie (schizophrénie, délires des démences, etc) mais là ne sera pas mon propos du jour. Parce qu'il y a bien beaucoup de choses à écrire, et que je ne suis pas (encore) suffisamment calée en la matière.

Je vais donc vous proposer des petites vidéos, certaines qui sont plus de l'ordre du "oh bah merde alors comment c'est possib" (+ vague tentative d'explication sans non plus vous assommer de science brute), d'autres du ressort du petit test qui va induire, sciemment, vos neurones en erreur. Avec le pourquoi du comment, dans les grandes lignes, de certains phénomènes qu'on a tous connus. Spoiler alert, ce soir j'ai les pieds qui puent.

Et pour des questions de lisibilité, j'utiliserai des abréviations qui seront explicitées dans un lexique tout à la fin, parce que j'ai la flemme. Et comme j'suis une meuf trop cool également (TMTC), j'ai mis les réponses mais en mode secret.

Blindsight



Le monsieur au visage flouté a souffert d'un AVC* qui lui a dégommé le lobe occipital, le lieu d'intégration des informations visuelles. Ses yeux fonctionnent, mais le cerveau est pour ainsi dire "coupé du monde visuel", parce que les afférences sensorielles visuelles ne lui parviennent plus.
Or, quand on regarde la vidéo, le monsieur évite les obstacles (alors qu'il est censé être aveugle). Et à la question "Mais comment faites-vous?", la réponse est "Bah je sais pas".
De même, on peut proposer à des patients souffrant de difficultés similaires (perte de l'accès à un sens, notamment la vue, suite à une lésion cérébrale) de faire ce que l'on appelle des choix forcés. Même s'ils sont aveugles, on les force à prendre une décision, à dire lequel des deux visages qui leur sont proposés exprime le sentiment de peur. Le taux de réponses correctes étant de 70 à 80%, donc largement supérieur au hasard, laisse à penser que, même s'ils n'ont pas l'équipement pour voir comme nous le faisons, et bah ils voient quand même.
J'vous l'avais dit, c'est assez dingue.

Mais du coup, pourquoi?
En très gros, deux voies coexistent dans le cerveau, pour nous permettre de voir.
La première, celle qui est la plus connue et qui est impactée par les AVC mentionnés dans ce paragraphe, la voie dite occipito-temporale ou ventrale (pour plus d'informations, demandez à notre ami Google), et la seconde, qui est une voie rapide émotionnelle, celle qui garantit une réponse rapide en cas de danger. La seconde voie court-circuite la première, notamment dans les situations de flight ou fight, et est héritée de nos très lointains ancêtres. Selon la tronche de la situation ou de l'adversaire, ça nous permet de prendre une décision rapide, sans se casser la nénette à trop analyser. Et c'est cette voie "de suppléance" qui permettrait d'expliquer ces deux phénomènes.
Cette voie alternative fonctionne pour des stimuli typiquement subliminaux (stricto sensu, inférieurs au seuil d'activation de la voie ventrale principale) et a été plus que largement incriminée dans divers scandales, genre outre-Atlantique.

Inattentional blindness


Aussi appelée expérience de Simons, vous l'avez forcément vu passer dans les Internettes.

Y'a un gorille!
Là par contre je suis navrée mais je vais devoir être un peu technique afin que vous compreniez pourquoi votre cerveau vous joue des tours.
En très gros et dans les grandes lignes, pour qu'une information (et il y en a énormément qui sont présentes de façon simultanée dans notre environnement) pénètre dans ce que Stanislas Dehaene appelle l'espace de travail global, il faut d'une part que l'information soit forte sur le plan sensoriel (force du stimulus) et que notre attention soit focalisée sur ce phénomène. Du coup, BIM BAM BOUM, trois cas de figure:
- Stimulation forte & attention focalisée: l'information a accès à la conscience et à l'espace de travail global,
- Stimulation forte mais attention non focalisée: traitement pré-conscient, "tiens y'a un truc mais j'sais pas quoi",
- Attention focalisée mais stimulation faible <33ms: traitement subliminal.
Pour la vidéo de Simons, cas de figure numéro 2. Nul, petit cerveau, tu vas avoir une mauvaise note sur ton bulletin.

Change blindness


Si on change plusieurs choses en même temps dans l'image, on peut tout à fait passer à côté d'une information importante. La preuve, pouvez-vous me dire ce qui change sur cette image?

La ligne blanche passe de continue à discontinue sous les flashs

Gradual change


Et là, vous voyez quoi, heiiiin? (Je vais finir par vous faire tourner bourrique, vous allez tous me détester mais tant pis).

Le gros caillou qui apparaît en bas à droite. Si si.
Lorsque l'on change très lentement quelque chose, le cerveau ne le détecte pas car notre système sensoriel n'est pas optimisé pour ce faire, mais davantage pour repérer des changements à plus petite échelle (en termes de temps de présentation de l'information).

Illusions et hallucinations


Allez là, festival d'hallucinations auditives pour vous remercier de lire jusqu'ici.

Le très classique Ce soir j'ai les pieds qui puent

Et un mec qui voue une étrange passion aux morceaux de pop indienne

Juste une petite mise au point (et merde je l'ai en tête) purement sémantique. Illusion = perception déformée d'un objet qui est réellement là, vs hallucination = perception sans objet. Toutes ces erreurs de perception sont davantage à replacer dans un continuum, avec des limites parfois ténues entre normalité et pathologie.

Le cerveau est très vulnérable aux illusions, et ceux qui ont bien compris le mécanisme peuvent s'offrir un scrotum en métal précieux (Coucou David Coperfield). Les illusions peuvent concerner des couleurs, des mouvements, des textures... Hop quelques exemples parmi les plus connues:
- Le canard lapin

- La spirale de Fraser

- L'illusion de Zollner


On peut passer donc de l'illusion (qui est un phénomène physiologique, notre cerveau passe son temps à se planter), à l'hallucination qui peut être soit critiquée (Cf. le syndrome de Charles Bonnet, et de rarissimes patients porteurs de DMLA* qui rapportent voir des visages déformés et des lutins en périphérie de leur champ visuel) soit ne pas l'être, comme dans le cas du schizophrène qui intègre ces hallucinations et se recrée, pour ainsi dire, son monde autour de ses fausses perceptions.

Et enfin, parce que l'heure tourne et qu'il fait faim, quant aux hallucinations auditives, c'est, une fois de plus, votre cerveau qui vous prend pour une andouille en ne faisant pas correctement son travail. Lorsqu'on montre un texte et qu'on écoute la musique, il existe une modification de la perception auditive du fait de la combinaison des informations (lire en anglais et écouter), avec une réduction de la sensibilité dévolue aux informations auditives. En outre, comme on a des attentes importantes par rapport ce que l'on veut entendre (en l'occurrence, des phrases bizarres qui font bien rigoler), bah on les entend. Cerveau, tu es faible. Ce mécanisme porte le nom de gain d'imagerie mentale, consécutif à la modification du poids associé aux informations.

Voilà, j'espère que vous avez tous bien compris que votre cerveau est un baltringue qui se paye allègrement votre tête. Je vous laisse, j'en suis à me demander si ma tasse à café est bien une tasse à café, et non un tricératops. Sait-on jamais.
Allez, des bisous!

*AVC = accident vasculaire cérébral.
* DMLA = dégénérescence maculaire liée à l'âge.
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Ca me rappelle une présentation d'Alexandre Pouget cms.unige.ch/ne[...]nces/recherche/ que j'ai vu il y a une paire de semaines et qui nous avait balancé une paire d'illusions de ce genre (les tables de 3/4 ou de profil qui sont de la même taille).

Son explication (lié à son fond de commerce) est que comme les neurones se comportent comme un filtre probabiliste (ça avait l'air d'être le cas dans son expérience où il mesurait l'activité d'un groupe de neurones pendant le déplacement d'un objet pour estimer la direction de ce déplacement), le cerveau aurait tendance à reconstruire l'information qui est la plus probable pour avoir un monde en 3D, malgré/à cause de la perception imparfaite qu'on obtient des sens.

Bon la partie la plus intéressante de son exposé, c'était plutôt que son modèle tenait la route quand tu fais des compositions (tu croises des informations de plusieurs sources <=> tu fais un produit de distribution proba) et que c'est comme ça depuis assez longtemps, vu que des larves de mouche qui ne sont pas connues pour leur densité neuronale validaient ce comportement.
Il y a 10 ans 0 0

Bah il a pas tort, la perception du monde (et donc les illusions quand celle-ci est faussée) repose également sur nos croyances, notre culture, etc. C'est comme l'expérience du Hollow Face Illusion (en.wikipedia.or[...]w-Face_illusion) qui fait qu'on verra systématiquement une tronche en relief (et non en creux) parce que dans notre système de repères, une bonne petite face c'est en 3D.
C'est pas franchement "probabiliste" mais je saisis bien l'idée, il prend ce qui, pour lui, a l'air le plus probable.
Il y a 10 ans 0 0

Merci c'était un bien bel exposé !
Il y a 10 ans 0 0

* TMTC = Toi Même Tu Cé
Il y a 10 ans 0 0

Et bien c'était fort intéressant, j'apprends quelques trucs. J'aime bien les images doubles et je connaissais pas le canard lapin (j'aurais plutôt dit goéland lapin). Ça me fait penser à ça figuresambigues[...]nus/femmes.html ou ça en plus abstrait p3.storage.cana[...]01/11153064.jpg (avec le risque de faire fondre son cerveau en voulant regarder les deux images en même temps).
Et la spirale de Fraser est bien frustrante, même en connaissant le truc j'ai besoin de suivre les lignes avec un crayon pour me prouver que ce sont des cercles (ce que mon cortex visuel refuse obstinément d'admettre). Comme exemple intéressant, j'avais aussi vu un doc sur le parthénon qui aurait été construit pour subtilement éviter des illusions déformantes.
Par contre je connaissais pas le coup des pieds qui puent ça m'a bien fait marrer.
Là où je m'interroge sur les hallucinations c'est est-ce qu'il y en a de purement psychologiques je veux dire avec un cerveau qu'on peut considérer comme "normal" et en bon état?
Il y a 10 ans 0 0

Ouais il existe des hallucinations qui ne sont pas du ressort de la pathologie, en fait faut davantage interpréter ça comme un continuum, avec une limite assez ténue entre "normalité" et "anormalité":
En gros (je vais essayer d'être la plus claire possible, n'hésite pas à me relancer si je pars trop dans des "grands mots"):

- On peut avoir des hallucinations qui sont critiquées par le patient, on parle alors d'hallucinose. Critiquées dans le sens où le mec te dit "Ouais bah là j'ai vu un lutin, WTF?", c'est ce qu'il se produit dans l'exemple que j'avais fourni (dégénérescence maculaire liée à l'âge), ça existe également dans la myélinolyse centropontique (si tu changes beaucoup de lettres ça donne "trous au milieu du tronc cérébral" où le patient voit comme dans un film en noir et blanc).

- Des hallucinations pas totalement critiquées par le sujet, sans pour autant qu'on soit du ressort de la psychose brute. Exemple de sujets qui entendent très souvent des voix dans leur tête, y adhèrent partiellement (sans pour autant tomber dans le syndrome d'influence de la schizophrénie), et qui à un moment ont en eu tellement marre de se faire étiqueter de cinglés qu'ils se sont même regroupés en associations: www.hearing-voices.org/
On peut parler également des hallucinations dans certaines pathologies neurodégénératives (démence à corps de Lewy diffus+++, maladie d'Alzheimer, maladie de Parkinson), qui sont critiquées en début d'évolution puis de moins en moins (forcément). Sauf que le patient là ne relève pas de la psychiatrie brute mais d'une prise en charge plus globale.

- Et enfin des hallucinations totalement non critiquées par le patient, c'est le cas du délire hallucinatoire du schizophrène. Là, le patient intègre toutes ces fausses perceptions, et recrée son monde autour de ce qu'il est persuadé d'avoir vu, et qui existe pour lui avec une conviction quasi inébranlable.

Voilou: :)
Il y a 10 ans 0 0

Ha merci. C'était tout à fait clair, mais je ne sais pas si ça répond à ma question, sauf peut être pour l'exemple des voix (mais peut être que je me suis mal exprimé). Ce dont je parlais ce serait plutôt d'hallucinations qui ne seraient dues ni à une dégénérescence, ni à une lésion physique ou une cause génétique (je me trompe pas en supposant que la schizophrénie est au moins en partie d'origine génétique?).. Pour être plus clair je prends un exemple peut être totalement fantasque: quelqu'un qui aurait vécu un évènement traumatisant et aurait l'impression de le revoir, pas dans sa tête mais dans la réalité.
Il y a 10 ans 0 0

Avoue, tu t'es documenté sur le sujet, coquinou, parce que tu as tout à fait raison. On va faire ça dans l'ordre:

- Oui, il existe une héritabilité génétique de la schizophrénie avec des chiffres qui varient selon les études, mais y'a une imputabilité jusqu'à 80%. Tout de même. Les mécanismes exacts ne sont pas entièrement connus, on va simplifier ça en disant qu'il existe une vulnérabilité génétique qui sous-tend toutes les pathologies psychiatriques sans exception, et qu'à la faveur de la rencontre de cette vulnérabilité avec un environnement protecteur ou délétère, le sujet diminue/augmente son risque de présenter le trouble. On appelle ça l'interaction gènes/environnement, c'est très intéressant.
D'ailleurs, des études génétiques ont montré des modifications de l'architecture fonctionnelle de l'ADN sans modification du code à proprement parler, chez des survivants de camps de concentration et leurs descendances.

- En fait les données récentes ont montré que c'étaient les mêmes structures qui étaient impliquées dans les cauchemars traumatiques du PTSD (post-traumatic stress disorder) et dans la schizophrénie, par des mécanismes différents mais qui aboutissent tous les deux à ces hallucinations:
- Le cortex parahippocampique (rôle dans la contextualisation des souvenirs),
- Le cortex hippocampique (rôle de l'entrée des informations en mémoire à long terme),
- Et également l'amygdale (dans le PTSD, pour la connotation affective attribuée aux souvenirs).
Les hallucinations du schizophrène et les reviviscences post-traumatiques pourraient être interprétées comme étant des souvenirs réels mais réorganisés sur un mode anarchique, et qui font irruption à la conscience à la faveur d'une défaillance de ton "mode de fonctionnement par défaut" (default mode network).

Dans la schizophrénie ça serait dû à un défaut constitutionnel desdites zones, tandis que dans le PTSD ça serait dû à un réarrangement neuronal et synaptique consécutif au trauma.
Il y a 10 ans 0 0

Ha oui je me suis documenté mais de façon paresseuse et épisodique. Sur l'origine génétique j'avais vu ça dans un doc sur arte à l'époque où c'était une bonne chaine (c'est dire si c'est vieux). On y disait si je me souviens bien que la schizophrénie avait une prédisposition génétique (l'irm montrant des anomalies dans le cerveau) mais qu'il fallait quelque chose en plus pour la provoquer. Dans ce dont je me souviens, on évoquait une lésion due à un accouchement difficile ou bien une réaction immunitaire excessive à un virus, mais si je te suis bien, on a pas encore de certitude aujourd'hui sur ce facteur supplémentaire.
Depuis j'ai pas trop remis mes infos un jour, même si ça m'intéresse pour le coté "romantique" de la schizophrénie (je parle des artistes et écrivains qui ont été diagnostiqués schizophrènes)
Il y a 10 ans 0 0

Voila un post de qualité ! (Enfin je crois, je ne suis plus très sûr...) Mais en même temps j'ai un paquet de chansons pourries à vie maintenant.
Il y a 10 ans 0 0

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